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Un palace, une jeune fille en fleur, le vide existentiel : pas de doute, Somewhere porte l'empreinte de Sofia Coppola. Mais à si peu se renouveler, celle-ci finit par toucher aux limites de son style plein de charme...

En France, on aime bien Sofia Coppola : elle vit à Paris, a réalisé une jolie pub pour Dior, et met d'accord la critique la plus exigeante avec un public de dilettantes, blogueuses mode et autres happy few éclairés qu'émoustille tout ce vague à l'âme éthéré et classieux ("antonionien" diront certains pour briller en société). Un charme indéniable se dégageait de Lost in Translation, la fraîcheur pop et la liberté de ton quant à l'Histoire faisaient mouche dans Marie-Antoinette, figure controversée dont la jeune réalisatrice s'emparait comme d'un double fantasmé promu icône de la jeunesse.

Somewhere s'annonçait sans surprise : sur une trame très proche de celle de Lost in Translation, il s'agissait une nouvelle fois de dépeindre une existence vaine dans un cadre luxueux (l'hôtel Chateau-Marmont, à Los Angeles), avec une jeune héroïne blonde façon Virgin Suicides, l'éternelle pauvre petite fille de riches perdue dans le monde insensé des adultes qui hante Sofia Coppola depuis ses débuts.

Mais cette fois-ci, le charme n'opère pas : rien ne vient habiter les couloirs vaguement décrépits qu'arpentent les personnages, ni la sensibilité d'un regard portant les jeunes filles en fleur à la hauteur du mythe, ni la chronique douce-amère d'un dépaysement tant géographique que sentimental, ni l'empathie mêlée de distance lucide à l'égard d'un personnage qui passe à côté de sa vie. L'errance de Stephen Dorff, particulièrement inexpressif et bien incapable de rivaliser avec Bill Murray dans le rôle du blasé de service, n'inspire au spectateur qu'un irrépressible ennui, qu'interrompt un peu tardivement l'apparition d'Elle Fanning. Cette jeune actrice lumineuse ne suffit pas à sauver Somewhere de son absolue vacuité, mais l'éclaire de quelques instants de grâce fugitifs où l'on se prend à rêver du beau film intimiste sur la paternité qu'il aurait pu être. Pour le reste, la succession de séquences longues et/ou répétitives (le pole dance, la wii) donne l'impression que le film, à l'image de la navrante séquence prégénérique, n'en finit pas de tourner en vase clos.

 

 

 

 

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