Nouvelles Promotions - 728x90
 

Interview : Cubenx

Passé discrètement par la capitale début Septembre, César Urbina alias Cubenx vient tout juste de sortir son premier album sur la bien aimée maison Infiné. A des kilomètres de ce que proposait l'artiste sur ses précédents EPs, "On Your Own Again" se revêtit de sonorités acoustiques, parfois ambient, parfois psychédéliques, jamais hasardeuses.

"- Comment a démarré l'aventure avec Agoria et Infiné ?
J'avais envoyé ma musique à un label mexicain nommé Static Disco qui est le plus gros label indé au Mexique et ils ont aimé, particulièrement le morceau Glangula et le directeur du label est venu à paris et a rencontré Alex Cassac. Je crois qu'à ce moment là, Alex et Agoria s'occupaient de monter un label, il s'agissait d'Infiné. Il m'ont appelé pour m'inviter, le label avait un nom et c'était simplement un projet. Donc c'est bien parce que je suis avec eux depuis le tout tout début. A un moment j'ai découvert qu'Agoria était impliqué dans le projet, en lisant un magazine, environ un an après. C'était génial parce que j'étais un grand fan d'Agoria depuis 2003 et que j'ai été la troisième signature sur Infiné en 2007.

- Alors pourquoi avoir attendu tellement de temps pour sortir ton album ?
C'est une histoire de dingue ! On s'est rencontré au téléphone en 2005 et puis j'ai sorti mon EP en 2007. A ce moment là, je prévoyais de vivre à Berlin et j'ai signé un contrat avec Infiné pour 3 albums. Ils m'ont dit « Tu peux nous faire l'album pour bientôt ? » et j'ai répondu « Bien sûr, dans 6 mois ». Mais mon studio de Berlin était très étroit et je bougeais pas mal. Je suis retourné au Mexique, j'avais une copine et c'était tout le temps la cata. Je n'avais pas vraiment de temps ni l'esprit disponible pour composer et je ne voulais pas faire quelque chose de mauvais. Donc, ça m'a pris pas mal de temps pour me poser vraiment dans un endroit avec un studio adéquat pour travailler. Puis j'ai commencé à composer l'album il y a trois ans. Ça m'a pris 2 ans pour faire les chansons et pour trouver le son. Je voulais que les morceaux sonnent comme pour un album et pas comme différentes choses qu'on met ensemble. Ça a été un processus long mais au final je préfère parce que les chansons sont plus naturelles que si je m'étais imposé une date butoir.

- Cet album sonne vraiment différemment des morceaux que tu avais fait jusqu'ici. Tu l'as composé pour l'écoute ou pour les dancefloor ?
C'est vraiment plus fait pour l'écoute. En fait l'idée c'était de faire un album avec des sons que tu peux chanter et mémoriser ou encore relier à des choses qui te sont arrivées. Parce que chez moi je n'écoute pas vraiment de musique électronique. Et quand c'est le cas c'est quelque chose que je peux lier à des moments de ma vie. Je suis un mexicain, je suis quelqu'un dans l'intensité tu sais. Nous sommes tous très romantiques et de diverses manières, pas seulement avec les filles mais on aime aussi chanter et mettre de la musique ou des chansons sur des instants et je voulais quelque chose comme ça. Quand tu te souviens de quelque chose tu peux chanter et cela te ramène à ce moment. Alors j'écoute des musiques comme New Order ou Johnny Cash parce que ces chansons ne vieillissent jamais. Si un jour je peux faire un album qui ne sonnera jamais vieux, ça sera parfait. Peut être que ce n'est pas le cas pour cet album parce que c'est très difficile et aussi que c'est mon premier essai. Il y a une chanson qui s'appelle « These Days » que j'ai faite avec un ami qui collabore avec Tlefon tel aviv et on a essayé de le faire comme une bonne vieille chanson pop dont tu te souviens et que tu chantes. J'aime vraiment la techno et je joue cette musique depuis l'age de 16 ans, comme le rock. J'aime les machines et le design sonore. Pour moi il y a une partie pour les clubs et les fêtes, jouer pendant des heures et il y a l'autre partie quand tu es dans ta chambre et je ne peux laisser aucune de ces deux parties. Je pense que c'est quelque chose de ma génération, on devient vieux et on grandit en écoutant du rock et maintenant on veux quelque chose comme ça. On a déjà fait de la musique électronique et maintenant on veut changer.

- Tu as dit machines, as tu déjà essayé de créer ton propre instrument ?Oui j'ai essayé, mais je suis vraiment paresseux, quand je fais ma musique le plus important est le contenu musical. J'aime la technologie mais quand j'essaie de créer mon propre synthétiseur ça prend des jours pour lire et comprendre tout et je pense que je loupe le truc. L'important c'est la musique et si ça me sépare du fait d'en fabriquer, je préfère laisser ça à quelqu'un de vraiment bon et je fais juste la musique. J'aime utiliser des machines mais la plupart de mes sons sont synthétisés, et je n'utilise pas de sample. Mais je ne pense pas que je me dirigerais vers la programmation pour créer mon propre truc. Je laisse ça aux allemands, il sont meilleurs !

 


- Comment as tu composé cet album ? Sur cet album je me suis plus concentré sur l'enregistrement que la création du son. Acoustiques, guitares, cuivres, basses... Une des chansons a été enregistrée quand nous étions vraiment bourrés dans l'appartement d'un pote avec un synthétiseur Juno et on a fait une vraie distorsion que l'ingénieur du son a tenté de réparer pour l'album ! J'ai aussi enregistré de la batterie. Je joue très mal mais ensuite je corrige tout à l'ordinateur.

- Si tu devais jouer ta musique dans un autre endroit que dans un club, où est ce que ça serait ?
Je ne sais pas, je pense que ça dépend si c'est simplement un concert. L'album serait pour un endroit où les gens peuvent s'assoir parce que quelques morceaux sont dans l'ambiant ou l'eletro acoustique, et les gens peuvent voir la progression du morceau, à l'inverse d'un endroit où les gens attendent pour danser et boire. Un théâtre serait bien, avec des bons visuels et des musiciens.

- Tu penses que les gens qui viennent écouter ton album sont les mêmes que ceux qui vont te voir en live dans un club ?C'est une bonne question, en fait je suis un peu effrayé par la manière dont vont les choses parce que le seul disque que j'ai avec Infiné est Techno et que des gens qui m'écoutent s'attendent à ce que je joue de la techno, d'autres voudront écouter des choses de l'album.

- Comment définirais tu la musique électronique d'aujourd'hui ? Faite pour le corps ou pour l'esprit ? Nous sommes dans une période vraiment bonne. La meilleure je pense. Je trouve que j'ai de la chance de vivre à cette époque, parce que tu peux aller en club et voir Mount Kimbie ou James Blake. Avant si tu ne jouais pas quelque chose comme de la techno qui cogne ou pour les dancefloors, tu devais aller sur la scène. Maintenant tu peux jouer de la musique comme Nicolas Jaar ou de la musique Disco qui peut parfois être très lente, à 80 ou 100 BPM et je pense que maintenant, les gens veulent quelque chose pour l'esprit, la mémoire ou le cœur. Je pense aussi qu'on a grandit en écoutant des stations de radio avec de la musique très mélodieuse, de la musique disco, la musique des années 80 avait une teneur émotionnelle forte et je pense que maintenant nous mettons cela dans la musique électronique. Tu as ce genre de dubstep avec pleins de mélodies, de guitares et de voix, qui sont le résultat de la révolution de toute la musique old school. Je pense que c'est aussi des années et des années de raves, de drogues et de fêtes qui au bout d'un moment nous fatiguent et font que l'on a besoin de quelque chose de plus calme.

- Tes Gourous ?
Un de mes meilleurs amis, un type toujours intéressé par l'idée de trouver des choses nouvelles, de nouvelles technologies, de nouvelles musiques et il m'a introduit aux logiciels quand j'étais jeune. Musicalement, Brian Eno et Aphex Twin sont mes producteurs favoris, toujours hors des sentiers battus."

A l'occasion du passage de Cubenx ce Samedi 10 Décembre au Point Éphémère, nous vous offrons un lot composé des EP "Wait & See" + "Can't Throw A Stone" et de l'album "On Your Own Again". Pour participer : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Cubenx - On Your Own Again

 

 

LIENS :

Cubenx
Facebook
Soundcloud

48h Infiné
Facebook