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Podcast 40 - Saycet

Voyage atmosphérique à travers des univers colorés et évolutifs, le projet sayCet est une tendre narration pop-expérimentale autour d'une œuvre musicale et vidéo. A l'aube de son prochain album et en pleine tournée japonaise, le trio répond à nos quelques questions, le tout illustré en musique et en images !

La première fois que nous avons vu sayCet, le groupe se produisait dans la minuscule cave du Lautre (Paris) à l'occasion d'une soirée Kiss The Moon. Avec une installation à LED et une volonté marquée de plonger le public dans une atmosphère particulière, ce live dimension miniature nous avait touché par sa tendresse et sa délicatesse.

Actuellement en pleine tournée japonaise, sayCet sera de passage à la Maroquinerie le 4 Avril et prépare un album pour 2012, ainsi qu'une bande son à la demande du réalisateur Alexandre Plank sur un texte de Mathieu Bertholetcette pour France Culture et un live très spécial à Beaubourg prévu pour mai... 2012 sera l'année sayCet !

Pierre, Zita et Phoene nous en disent plus sur leurs projets et leur façon de travailler.

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- Pouvez-vous vous présenter ? Comment vous êtes-vous rencontré et comment Saycet a t'il vu le jour ?
Pierre: Je m'appelle Pierre Lefeuvre, je suis le compositeur de sayCet.
A la base c'est un projet solo qui s'est étoffé avec les années.
J'ai rencontré Zita (qui était fortement imprégnée de cinéma et commençait à développer ses idées de vidéo) à une soirée, on a collaboré très rapidement dès les premiers lives. Nos univers se complétaient bien.
Un an après j'ai rencontré Phoene sur myspace; j'aimais son univers elle aimait le mien, on est devenus amis, on a fait de la musique sur d'autres projets que sayCet. Un jour j'ai eu besoin d'une aide sur scène au pied levé, elle a répondu présente et de fil en aiguille on a bossé ensemble sur certaines compositions.


- Plus qu'un groupe, Saycet est un véritable concept car un des membres du groupe s'occupe uniquement de la vidéo. Quelle place a la vidéo dans vos projets et Saycet pourrait-il exister sans vidéo ?
Pierre: sayCet est un projet audiovisuel, je ne l'imagine sans vidéo. Au delà de l'aspect physique de la chose c'est aussi humain.
Zita, Phoene et moi faisons partie d'un tout, la vidéo et la musique s'y complètent.

Zita : Pour ma part je n'oublie pas que sayCet existe toutefois premièrement en tant que musique pure touchant de nombreuses personnalités différentes. De plus c'est une musique générant presque automatiquement des images en tête. D'ailleurs il y a beaucoup de fans mettant des images ou faisant des clips vidéo sur la musique de sayCet par leur propre initiative. Bon, c'est une pratique courante aujourd'hui mais j'ai l'impression que cette musique est particulièrement inspirante pour la création d'images. Le fait que sayCet soit devenu un projet purement audio-visuel en live est issu de notre histoire à tous les trois, c'est quelque chose de l'ordre de la vie. Il y a eu un arbre qui s'est généré naturellement avec une volonté émotionnelle de préciser l'endroit où nous nous retrouvions, c'est à dire le lieu de la musique et de l'image. Houalalala. Ainsi tout fonctionne de manière très sensitive. On fait en sorte qu'il se passe quelque chose lors des concerts, qu'il y ait une symbiose de nous trois. Et la vidéo n'est plus un élément étranger mais un instrument faisant partie de l'ensemble. De plus ce n'est pas anodin si je me trouve sur scène avec Phoene et Pierre. On a toujours tendance à placer le VJ en régie, mais on ne se rend pas compte comme cela change tout de ressentir les sensations de la scène dans un mix visuel. Et il me semble que cela favorise plus encore la réception sensible des spectateurs.


- D'où viennent vos inspirations pour la vidéo ? De votre musique ?
Zita : Les inspirations vidéo viennent principalement du rapport sensible aux détails du quotidien. Mais aussi, au début du projet live on était trois à la vidéo; il y avait avec moi, Nolwenn Daniel et Amaël Rechin le Ky Huong. Mais c'est surtout Nolwenn qui a apporté un premier jet vidéo (les enfants qui tombent dans l'eau, c'est elle) ; c'est comme si elle m'avait dit : 'tiens tu vois toutes ces choses paraissant minimes que tu vois, et bien tu peux les raconter en images sans en avoir honte'. J'avais plein d'envies enfouies de cinéma high high quality comme Tarkovski qui généraient une autocensure telle qu'il était difficile d'agir. Elle m'a permis de me lâcher et maintenant je fais mon chemin visuel comme je l'entends.


- Quel est votre processus de création ? La vidéo vient sur la musique ? L'inverse ? Aucun processus particulier ?
Pierre: Zita et moi avons été colocataires pendant 4 ans donc l'âme "audiovisuel" du projet s'est faite vraiment ensemble, les bases musicale ou vidéo se sont créées chacun de son coté mais avec la porte ouverte entre nos deux studios donc on s'influençait beaucoup.
Aujourd'hui on se connait bien on travaille a distance la musique précède souvent la vidéo mais il est arrivé que ce soit l'inverse en tout cas on en a l'envie.

Zita : Lorsqu'on cohabitait ensemble, la musique en train de s'élaborer circulait dans tout l'appartement et l'écoute du bruissement de fond était continue. C'était un peu comme si un dispositif de création s'était imposé de lui-même pour arriver à un objet final musique-images plutôt cohérent sans volontarisme absolu d'unicité. D'ailleurs on a aussi un peu habité avec Phoene; il y a donc quelque chose qui a vraiment avoir avec la vie dans sayCet. Aujourd'hui nous n'habitons plus ensemble tous les trois et le projet évolue en conséquence dans un renouvellement sans pertes. Cela est assez excitant cette régénération du processus de création liée à la vie de l'habitat. Alors on utilise beaucoup la technologie de notre temps, le mail, le webtransfer, les ftps etc etc. On se voit tout de même pour répéter, se mettre en accord pour des projets et boire l'apéro. Il y a quelque chose d'absolument familial; on se connaît.

 


- Peut-on imaginer un jour que vous montiez un show vidéo comme le fait Amon Tobin par exemple ?
Pierre : Je trouve celui d'Amon Tobin (je l'ai uniquement sur Youtube) très impressionnant mais peut être trop rigide ou pas assez "organique" je ne sais pas s'il y a de la place à de l'improvisation musicale ou vidéo (c'est un parti pris que je respecte mais avec sayCet on est plus dans quelque chose de mouvant et humain)
On a un live déjà très axé vidéo mais personnellement je ne veux pas tomber dans la prouesse technologique.

Zita : En fait, nous sommes dans une toute autre économie et je ne sais pas si nous aspirons à celle-ci, peut-être est-ce une parole de pauvre mais bon. Nous avons bricolé toute notre scénographie actuelle avec nos mains, il a quelque chose de 'do it yourself' dans ce que nous faisons. Pour ma part j'aime bien qu'on ressente la trace du vivant, quelque chose de moins enfermant par la non-finition. Et à la fois la musique, la scéno et les images sont des éléments plutôt travaillés dans sayCet; c'est comme un style, le principal c'est ce qu'on a envie de dire et d'arriver à le dire le plus justement possible.

Phoene : L'idée de "show" vidéo ne correspond en effet pas à nos aspirations. On est discrets, et nos envies vont dans cette direction. Nous existons dans cette sphère "intime". Bien sûr, on a envie que le public s'en prenne plein les oreilles et plein les yeux, mais sayCeT n'est pas Jean-Michel Jarre (rires). Non, je ne pense vraiment pas qu'on soit des "entertainers"… Au début, pour la scéno, effectivement, c'était un manque de moyens économiques. Et il fallait pouvoir transporter tout notre matériel, qu'on prenne le train ou l'avion… et il fallait pouvoir monter la scénographie assez rapidement. Ce qui fut d'abord une sorte de contrainte budgétaire, au final, ça nous ressemble assez. Zita disait très souvent "ah je suis trop à l'arrache" (elle ne le dit plus maintenant). Mais ce côté low-tech, D.I.Y, improvisé, limite chaotique, c'est un peu nous trois… Le principal, c'est que la vidéo soit là. On n'a pas d'écran de 5m par 5m, et on n'en veut pas de toute façon.


- Vous avez une tournée en Asie alors que votre album sort à peine au Japon. Comment expliquez-vous ce succès assez rapide contrairement à ce que vous avez pu connaître à vos débuts en France ?
Pierre : A la base c'est un coup de chance qui est devenu une opportunité professionnelle pour sayCet.
On devait jouer en Corée depuis pas mal de temps et on avait un bon contact pour nous faire jouer à Singapour et en Malaisie. Quand on a appris qu'on avait un label au Japon, cela nous coûtait pas très cher de proposer une tournée là-bas et ils ne prenaient pas beaucoup de risque à la base.
La tournée fût un succès et les ventes d'album marchent mieux au Japon aujourd'hui qu'en France… c'est l'effet "Français" sûrement.

Phoene : La sortie de l'album en France (qui a eu lieu en 2009) promettait beaucoup de jolies choses. Et malheureusement, on a eu des soucis avec notre label de l'époque (label avec qui nous ne travaillons plus d'ailleurs). Ca a pas mal affecté la promo, alors forcément en terme de ventes etc. eh bien on ne peut que faire mieux ailleurs! (sourire) Et contrairement à Pierre, je ne pense pas qu'il y ait eu un attrait pour le groupe plus fort que dans d'autres pays, à cause de nos origines ou quoi que ce soit… C'est juste qu'ils ont bien travaillé, et nous leur en sommes très reconnaissants.
Avant de partir en tournée, nous avons eu des contacts avec une personne travaillant pour les affaires culturelles françaises à Séoul… Il s'appelle Charles… C'est lui qui s'est démené à monter un dossier de subventions auprès de Culture France. Sans lui, et sans les autres personnes à Singapour et en Malaisie, il n'y aurait pas eu de tournée.


- Si nos sources sont bonnes, vous allez sortir un nouvel album en 2012. Vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Pierre : L'album est en pleine production, il sera prêt sûrement pour la fin de l'année si tout se passe bien.
Sur mes premières impressions il sera un peu plus épique et électronique que le précédent, peut-être plus sombre mais toujours très atmosphérique.
L'album est né d'un ciné-concert qu'on a mis de côté pour l'instant et qu'on reprendra certainement plus tard.

Phoene : Il sera moins délicat que les précédents, moins dans la pudeur. Peut-être qu'on a pris un peu plus d'assurance. En tout cas, nous essayons d'assumer tous les choix que nous avons fait, qu'il s'agisse de la composition même, ou de la production. Il y aura plus de basses qui nous prennent au ventre, plus de puissance dans les synthés… Nous avons tourné une page sur la nostalgie de l'enfance. Nous avons tous la trentaine maintenant, et nos envies ont évolué.


- Comment la vidéo trouvera t'elle sa place sur ce format ?
Pierre : Comme elle l'a toujours été :)
On va changer le live qui tourne depuis 4 ans déjà et on commence déjà à parler d'impressions de ressentis d'images etc..

Zita : Oui il y aura de nouvelles textures en image et une autre scénographie. L'évolution de la vidéo suivra la nouvelle couleur musicale de sayCet tout en soutenant le dialogue entamé déjà entre les deux médias.


- Un film pour lequel vous auriez adoré faire la BO ?
Pierre: Zerkalo

Zita : Tous ceux à venir sans le conditionnel !

Phoene : True Romance (Tony Scott), The Saddest Music In The World de Guy Maddin…


- Un clip musical de référence pour vous ?
Pierre : Thriller

Phoene : Enorme, "Thriller". Les clips de Kate Bush me font pas mal rire. C'est désuet, les chorégraphies et les décors… En général, toute l'imagerie des années 80 me plaît assez pour le côté "cheap" mais assumé.
Ah sinon on a pas mal rigolé en voyant la vidéo de Samwell, "What What (In The Butt)" :

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Zita : Paradoxalement, je ne suis pas fan"fan" de clips, mais il y a ceux de Sigur Ros, au delà de la musique, car ce sont en soi de beaux court-métrages.

"Vidrar Vel Til Loftarasa"

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"Vaka"

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Et aussi celui pour Aphex Twin "Come to Daddy", car c'est un beau souvenir anxiogène.

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- Vos gourous ?
Pierre : Steve Reich, Brian Eno.

Zita : Pas de gourous, mais des personnalités aux démarches, trajectoires et productions admirables; là comme ça : Christian Boltanski, Louise Bourgeois, Sigmar Polke, Tina Weymouth, Edgar Morin, Arnaud Rebotini etc etc etc.

 

 

Podcast #40 - sayCet


 

 

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